Date de publication : 01 / 07 / 2026

Le risque argile gagne du terrain : six maisons sur dix désormais concernées

 

La carte du risque argile évolue. À partir du 1er juillet 2026, six maisons sur dix se situent désormais en zone à risque. Une réalité bien concrète pour des millions de propriétaires : les mouvements de terrain liés à la sécheresse figurent aujourd’hui parmi les principales causes de sinistres.

 

Le risque argile, autre fléau du réchauffement climatique. Et aussi un sujet dont on n’a pas fini de parler. Car les zones épargnées se font de plus en plus rares. Déjà révisée en 2019, la cartographie évolue à nouveau pour tenir compte de la sinistralité des dernières années : 55% du territoire métropolitain est désormais concernée par le phénomène RGA (retrait-gonflement des argiles), près de 12 millions de maisons ! Certaines régions voient leur exposition fortement progresser, comme l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Bourgogne-Franche-Comté, le Grand Est ou encore le Centre-Val de Loire.

 

Argiles, c’est quoi le risque ?

Même si le sujet est davantage médiatisé aujourd’hui, le phénomène reste souvent méconnu du grand public. En deux mots, en période de sécheresse, les sols argileux se rétractent avec le manque d'eau, avant de gonfler lorsque les pluies arrivent. Résultat, les sols bougent.

Et ces mouvements, souvent invisibles à l'œil nu, peuvent alors provoquer des désordres plus ou moins sérieux : fissures en façades, affaissements localisés, portes ou fenêtres qui coincent, décollement des revêtements ou encore descellement du carrelage... Dans les cas les plus sévères, c'est même la stabilité du bâtiment qui peut être menacée.

Forcément, avec les sécheresses à répétition des dernières années, le risque RGA pèse lourdement sur le régime de catastrophe naturelle. Juste pour se faire une petite idée, la sécheresse de 2022 aura coûté plus de 3 milliards d'euros aux assureurs !

 

Comment savoir si je suis exposé ?

Face à ce fléau, l’information reste -comme souvent- la meilleure des préventions. Justement, où s’informer ? La mention d’un risque argile faible, moyen ou fort peut se trouver dans l’état des risques remis en cas de vente ou de location. Dans tous les cas, elle est aussi très facilement accessible en ligne sur les sites officiels Géorisques et du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières).

En cas de vente, l’information a aussi été renforcée lorsque le bâtiment a été victime d’un sinistre. Depuis 2024, le vendeur est tenu de joindre à l’état des risques le rapport de l’expert communiqué par son assurance. Question de transparence.

 

Faut-il s'inquiéter ?

Malheur, ma maison se trouve en zone à risque ! Le sujet monte en puissance — et avec lui, les inquiétudes, côté acquéreurs comme vendeurs. Que va-t-il se passer si j’achète en zone à risque ? La maison que je vends va-t-elle subir une décote ?

Heureusement, ce n'est pas parce qu'une maison est construite dans une commune classée en aléa fort qu'elle va se fissurer du jour au lendemain. C’est un peu plus compliqué que ça. De nombreux paramètres entrent en ligne de compte : la nature exacte du sol, la conception du bâtiment, la présence de végétation à proximité, l'inclinaison du terrain, la gestion des eaux pluviales, l'entretien des abords de la maison…

Qu’un logement soit situé en zone à risque ne veut donc pas dire qu’il est sinistré ou qu'il le sera demain. Mais cela invite simplement à une vigilance accrue et à une meilleure connaissance du bien et de son environnement.

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